Analyses urbaines



À l'issu des deux semaines d’immersion, une question se pose à nous, où est passé le quartier République?
Après avoir arpenté la ville en long et en large, questionné les professionnels, les élus, les
associations, les commerçants et tout simplement les passants, un constat s'impose, le quartier République n'existe pas...
À la place, une juxtaposition de territoires qui possèdent chacun sa propre identité :
︎︎︎ les Échelettes au Sud regroupant 2 ensembles de logements sociaux, Échelettes 1 et 2 suivant leur ancienneté.
︎︎︎ le Puchot “Chic” au Nord, voisin du Puchot “Choc” au Nord Est, correspondant aux logements sociaux bâtis en lieu et place du quartier originel de la ville et prenant le nom du Puchot, affluent de la Seine utilisé par les manufactures drapières.
︎︎︎ le quartier Saint Louis autour de la place de la République , ancienne place Saint-Louis rebaptisée depuis République, sauf pour les elbeuviens attachés à son ancien patronyme.
︎︎︎ le quartier du lycée, autour du lycée professionnel Notre-Dame.
︎︎︎ la rue de la République, avec ses commerces et ses logements. Le centre ville d'Elbeuf se répartit de part et d'autre de cette artère en continuité de la rue des Martyrs.





Nous nous rendons alors compte que notre méconnaissance de la ville, le fait qu'il y existe une place et une rue de la République ainsi que l'existence d'un périmètre de rénovation urbaine dénommé “Ambition République”, nous ont naturellement amenés à considérer à tort l'existence d'un quartier “République”.
Les fractures présentes et constatées au sein de ce territoire, qu'elles soient historiques, architecturales, sociales, prennent alors sens et conditionnent ce morcellement. Parallèlement à cela, nous nous questionnons sur la notion de quartier à l'échelle du centre ville d'Elbeuf. Ils sont reconnus et sont nommés quand ils s'organisent autour d'un équipement, le cinéma, l’hôtel de ville, l'ancienne manufacture Blin et Blin, ou de paroisses (Saint-Jean, Saint-Étienne). Le déplacement du marché qui se tenait Place de la République et qui semble regretté par la majorité des riverains ne fait ainsi qu'accentuer le morcellement perçu de ce territoire.
Par ailleurs aucun quartier ne semble “enjamber” l'artère principale du centre ville, la rue des Martyrs (puis celle de la République), mais s'organisent indépendament de part et d'autre.
Nous pensons alors naturellement la suite de notre résidence en terme de couture, d'identité partagée, d'espace commun, de franchissement. Ce qui semble valider nos premières impressions, et oriente d'autant plus notre travail sur la notion d'identité, de limites et de points de repère au sein de ce territoire.